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La santé des salariés, c'est aussi la santé des entreprises ...

Les médecins du travail le reconnaissent, il y a de plus en plus de stress et de burn-out dans le monde de l’entreprise. Cette constatation est également partagée par les organisations européennes de santé qui estiment à un milliard par an, le coût du burn-out. Une trentaine de députés, à l’initiative de Madame BECHTEL, viennent de demander, en cette fin d’année à ce que le burn-out soit considéré comme une maladie professionnelle.

Quelles sont les réelles manifestations du stress et du burn-out dans les entreprises ?

D’abord au niveau des individus, l’excès de stress engendre un état de mal-être qui a des effets immédiats sur les relations qu’il entretient avec son entourage : des conflits plus fréquents, plus de difficultés à communiquer, etc.

Le stress diminue également la capacité de concentration et pousse le salarié à sortir mentalement de son activité (il agit, mais son esprit est ailleurs).

Si le stress s’amplifie, des pathologies plus sérieuses peuvent apparaître notamment le burn-out. À ce stade, la vie de l’individu est fortement perturbée et nécessite un arrêt de travail.

Certaines personnes présentent des caractéristiques qui les rendent plus fragiles face au stress et au burn-out. Il s’agit des personnes dont la dynamique de vie est axée principalement sur la lutte et le désir de bien faire : lutte contre le temps avec le souci de terminer le plus vite possible, besoin de faire plusieurs activités simultanément, besoin de gagner, de se montrer plus performante et d’être ainsi estimées. Ces dispositions personnelles peuvent être facilement amplifiées par un management inadapté qui sollicite en permanence les individus et ne leur laisse aucune marge d’existence et de comportement personnel.

Au niveau des entreprises, les effets sont également dévastateurs. Ils sont souvent découverts à l’occasion d’un accident du travail ou d’un turn-over excessif. Les médecins du travail constatent souvent des origines liées au stress dans différentes pathologies. Mais l’entreprise perd également en concentration, en efficacité et en créativité. Un service soumis à des pressions ou des objectifs inatteignables non seulement ne réalisera pas ce qu’il devait faire, mais n’apportera aucune amélioration, suggestion ou innovation. Une équipe stressée est une équipe stérile, improductive.

À une époque où du fait de la mondialisation, la compétitivité fait rage, il est important pour l’entreprise de sauvegarder son capital humain de toutes ces altérations. En évaluant, puis en protégeant son entreprise du stress et du burn-out, le dirigeant se dote des moyens de renforcer son entreprise au cœur de la bataille économique.

Les moyens d’évaluation et de lutte contre le stress sont simples et connus. Ils sont de différentes natures et de différents niveaux.

Concernant les individus victimes du stress, et selon l’importance de ce stress, l’entreprise peut mettre en place des actions de formation pour leur apprendre à mieux gérer le mental (approche cognitive, pensée positive, sophrologie), mieux maîtriser les tensions corporelles (relaxation physique, massages, etc.). Quelques entreprises, et principalement les grandes ont déjà initié ce type d’actions pour le bien-être de leur capital humain. Leurs performances s’en sont trouvées maintenues, voire accrues.

En ce qui concerne les entreprises, les remèdes se situent essentiellement sur deux axes : l’organisation et le management ;

L’organisation parfois empirique, peu réfléchie ou peu créative contraint les individus et les soumet à des tâches non épanouissantes et usantes. L’absence d’ergonomie sur certains postes de travail engendre également des tensions physiques qui finissent par être douloureuses. Tous ces dysfonctionnements sont facilement identifiés au cours d’un audit. Une simple réorganisation du travail, une recherche de solution plus créative ou un investissement matériel peu onéreux contribuent parfois à réduire considérablement le stress et le nombre de burn-out.

Quant au management, il est évident que la fixation d’objectifs inatteignables, ou la mise en compétition de différents services ou équipes ne favorisent pas le développement de la sérénité nécessaire à une parfaite efficacité. Il est de plus en plus nécessaire de former les cadres dirigeants à gérer leurs équipes afin d’obtenir le meilleur de leurs compétences et de leurs aptitudes. Gérer les équipes dans le calme et l’efficacité, cela s’apprend.

Nous avons culturellement développé une gigantesque erreur, celle de croire que pour être concentré et efficace, il fallait être tendu. Faites l’expérience de demander à quelqu’un de ce concentrer … aussitôt, vous le verrez froncer les sourcils, serrez les poings et mobiliser tout son corps dans une tension musculaire totalement inutile. Nous devons apprendre à nous relaxer pour mieux nous concentrer. On ne peut être efficace que si l’on est réellement détendu !

La France est, en Europe, le pays le plus en retard sur ce problème de la gestion du stress et du burn-out et cela ne participe pas au redressement des entreprises.

Alain CHEVALIER-BEAUMEL

Co-directeur avec Marie-Claire BOUTHORS

Ecole de Sophrologie du Nord-Est – E.S.N.E.